Crayons de couleur

Du bien-fondé des établissements privés protestants 

Pourquoi soutenir les écoles privées protestantes ?

Les protestants ont très majoritairement soutenu les réformes qui ont conduit à la formation d'une instruction publique et laïque à la fin du XIXe siècle. Ils soutiennent encore aujourd'hui l'Education Nationale dans sa mission de "première enseignante de la Nation". Pour autant, ce positionnement ne va pas à l'encontre de la formation d'un système éducatif privé alternatif qui non seulement ne s’oppose ni n’affaiblit l’école publique gratuite et laïque, mais plus encore lui propose une concurrence stimulante et bénéfique

Faut-il opposer école privée et école publique ? 

Certes, à la fin du XIXe et au début du XXe, l’opposition entre la jeune école publique laïque de la IIIe République et l’imposante école privée catholique cléricale qui pendant des siècles eut le monopole sur l’enseignement était avant tout d’ordre idéologique. Les partisans de l’une étaient les adversaires de l’autre. Deux regards se posaient sur la France, deux programmes entraient en concurrence. Mais qu’en est-il en 2021 et quel est le projet des acteurs de l’enseignement aujourd’hui ? Les écoles privées et publiques actuelles ne sont pas celles d’hier et n’ont aucune raison de se considérer comme rivales. Elles ont à gagner à se concevoir comme complémentaires car, à la suite de Condorcet, nous ne pouvons nier que la République ne saurait avoir d’école publique de qualité si elle refusait la concurrence stimulante d’un secteur éducatif libre. Soutenir ou travailler dans une école privée, ce n’est pas s’opposer à l’école publique. C’est au contraire affirmer, au côté de l’État, la légitimé de la société civile en matière d’instruction et empêcher une emprise monopolistique d’un ministère sur une mission qui concerne l’ensemble de la société. 

Ces écoles  fragilisent-elles la laïcité ? 

Rappelons que la laïcité est la neutralité de l’État en matière religieuse et philosophique – et par conséquence du service public. Elle implique la séparation des Églises et de l’État. Neutralité et séparation ont un objectif : protéger les libertés fondamentales. La laïcité n’exclut ni ne nie. Elle garantit les libertés de la société civile : libertés de conscience, d’expression, d’opinion, de religion. Ainsi, l’école publique (et ses enseignants) ne peut qu’être laïque, c’est-à-dire neutre en matière philosophique et religieuse, car ses programmes et son administration dépendent directement de l’État. Les écoles privées indépendantes, quant à elles, sont administrées par des membres de la société civile, qui eux n’ont pas ce devoir de neutralité. Sont-elles anti-laïques pour autant ? Non seulement elles ne le sont pas, mais elles bénéficient d’une liberté permise et garantie par la laïcité. Enseigner ou scolariser son enfant dans un établissement confessionnel n’est pas participer à la fragilisation de la laïcité. C’est au contraire la respecter et réaffirmer cette distinction fondamentale entre une nécessaire laïcité de l’État que nous chérissons et une fade laïcisation asséchante de la société dans laquelle nous ne nous retrouvons pas. Cela étant dit, il est bon de rappeler que si l’écrasante majorité des établissements privés sous-contrat est catholique (aux alentours de 90%), moins d’un tiers des établissements hors contrat est confessionnel (toutes religions confondues). 

L’école privée payante remet-elle en cause le principe d’égalité ?

C’est un argument que l’on donne souvent, pour discréditer les projets éducatifs de nos établissements : l’école privée remettrait en question l’égalité de tous les jeunes citoyens qui, à l’école publique, peuvent être instruits gratuitement sans distinction de classe sociale. Cet argument pourrait presque être perçu comme sarcastique : reprocher à un établissement privé d’être payant, c’est lui reprocher tout bonnement d’exister. L’école privée demande des efforts financiers de la part des parents, comme des enseignants qui travaillent souvent davantage pour un salaire moins élevé que dans le public (en ce qui concerne les établissements privés hors-contrat). Pour autant, s’il existe des écoles dont les écolages sont très élevés, d’autres cherchent à limiter les dépenses et font appel à des parrainages pour s’adresser aussi à des familles qui ne peuvent se permettre d’offrir une école onéreuse à leurs enfants. Mais les écoles privées sont-elles responsables de cette inégalité ? La Fondation pour l’École propose par exemple d’imiter la Suède en mettant en place la politique du « chèque éducation » remis par l’État aux parents ; chèque correspondant au coût de l'éducation de leurs enfants. Ces derniers peuvent l’utiliser dans l'école de leur choix, publique ou privée, pour y régler les frais de scolarité.

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