Désert sec

Traversée du désert ...  

Quand les écoles sont détruites & les protestants persécutés ...

" Voulons et nous plaît, que tous les temples de ceux de ladite religion prétendument réformée [...] soient incessamment démolis. [...] Interdisons les écoles particulières pour l'instruction des enfants de ladite religion."

Extrait de l'édit de Fontainebleau [ou Révocation de l'édit de Nantes], 1685, Louis XIV 

Tout au long du XVIe siècle, la création d’une école protestante n’est pas chose facile ; les guerres de religion et l’hostilité du pouvoir sont autant d’obstacles qui en freinent la progression. L’arrêté du 7 février 1554, édicté par le parlement de Paris pour condamner les écoles soupçonnées de participer à la propagation de la foi réformée en est une bonne illustration. L’instituteur est alors décrit comme « faiseur d’hérétiques ». 

 

Il faut attendre l’édit de Saint Germain (1570, article 15) pour qu’on accorde aux protestants le libre accès aux écoles et universités. Signé en 1598 par Henri IV, l’édit de Nantes met fin à trente-six années de guerres de religion et reconnaît officiellement la liberté d’instruction. Malgré la volonté tenace de la monarchie de contrarier leur bonne marche, la première moitié du XVIIe siècle marque sans doute « l’âge d’or » des écoles protestantes qui fleurissent, non sans tracasseries, au sein d’un Royaume qui les tolère.

De la tolérance à l'interdiction ...

Mais tout au long de ce même siècle, plusieurs mesures visent insidieusement à limiter le développement des écoles et collèges protestants en faisant fermer dans un premier temps les écoles mixtes sous prétexte de moralité, en supprimant ensuite les écoles qui ne sont plus adossées à un temple et en exigeant un « mi-partiment » de certains collèges (comme ceux de Nîmes, Castres et Montauban par arrêt du Conseil d’État dès 1633) en vue de les catholiciser sur le long terme, puisque les charges de principal et de régent de la première classe sont souvent confiées à des catholiques.

Les libertés accordées à la minorité commencent à se restreindre sous Louis XIII qui, avec la paix d’Alès de 1629, annule plusieurs clauses politiques et militaires accordées aux protestants. Mais c’est avec l’arrivée de Louis XIV au pouvoir que les protestants voient leur liberté de culte vivement contestée. Les textes antiprotestants se multiplient et les conversions forcées, suivant les premières dragonnades dans le Poitou, sont attestées de manière significative dès 1681.

Le 18 octobre 1685, Louis XIV annonce que l’édit de Nantes est obsolète et donc révoqué par le nouvel édit, l’édit de Fontainebleau. La minorité protestante du Royaume de France est officiellement privée de tous ses droits et libertés. L’article 1 ordonne la destruction de tous les temples, l’article 3 interdit l’exercice du culte et de l’enseignement dans les écoles pour enfants protestants. 

Dragonnades, dessin de 1686

C’est la fin des écoles protestantes dans le Royaume de France et la « traversée du Désert » pour le protestantisme français. Il faudra attendre la Révolution française, pour que les protestants se voient accorder l’égalité civile, la liberté de conscience et la liberté de culte.

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